LE LANCEUR : CONFÉRENCE DE RÉDACTION PUBLIQUE

Le Lanceur vous convie à une conférence de rédaction publique à la Bellevilloise jeudi 20 septembre 2018.

La rentrée du Lanceur se poursuit à Paris, le 20 septembre, avec une conférence de rédaction publique dans un lieu peu conventionnel. Une soirée en présence de lanceurs d’alerte sur la fraude fiscale dans l’affaire UBS et des détournements de la loi Handicap, d’une chercheuse spécialiste de l’alerte et du cofondateur de la plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique.
Boire un verre à La Bellevilloise, à l’ombre du feuillage de sa Halle aux Oliviers, tout en discutant de la thématique de l’alerte ? Un moindre défi pour notre rédaction qui, à plus grande échelle (métropolitaine !) s’apprête à rencontrer ces six prochains mois des lanceurs d’alerte un peu partout en France, afin de créer ensemble une nouvelle revue consacrée à l’alerte et à l’enquête.

Chef de l’audit interne d’UBS France (à l’époque), Nicolas Forissier a fait la découverte il y a presque dix ans de dossiers compromettant la régularité fiscale de la banque suisse. Soucieux de se conformer à ses obligations professionnelles, il a dénoncé aux autorités de contrôle des soupçons de blanchiment d’argent et de fraude fiscale, avant d’être licencié. La firme, première gestionnaire de fortune au monde, est effectivement suspectée d’avoir mis en place entre 2004 et 2012 un système incitant de riches courtiers français à ouvrir des comptes en Suisse (entre 13 et 24 milliards d’euros d’actifs français estimés) hors de portée du fisc. Depuis l’ouverture de l’enquête, la banque est poursuivie pour blanchiment aggravé de fraude fiscale et sa filiale française pour complicité. Le procès d’UBS France pour ces faits s’ouvrira cet automne. La filiale française est aussi accusée d’avoir exercé des pressions répétées sur Nicolas Forissier, le lanceur d’alerte à l’origine des révélations sur le système présumé de fraude fiscale.

À ses côtés le 20 septembre pour notre conférence de rédaction, Gilles Mendes. Cet ancien informaticien dans un groupe d’imprimeries de la Manche est le premier lanceur d’alerte sur des soupçons de fraude à la loi Handicap du 11 février 2005. En 2014, il a tenté d’alerter les autorités sur des détournements de la loi au sein de son groupe de PME à fin d’enrichissement au détriment des travailleurs handicapés. Après avoir fait sa propre enquête et rédigé un rapport de 90 pages, Gilles Mendes a montré que les grandes entreprises, les plus assujetties à la loi, parviennent à contribuer le moins possible à l’insertion desdits travailleurs. En l’absence de prise de décision des autorités administratives qu’il a successivement rencontrées, aucune sanction des grands groupes ni modification de la loi n’a été envisagée.

Un accompagnement nouveau des lanceurs d’alerte
Comment accompagner les lanceurs d’alerte qui font face, bien souvent seuls, à de grands groupes ? Un début de réponse est apporté par le collectif MétaMorphosis, créé par Gilles Mendes, Nicolas Forissier et trois autres lanceurs d’alerte (Céline Martinelli, Mathieu Chérioux et Valérie Pouilly). Fort de l’expérience de ses fondateurs, ce collectif informel et apolitique cherche à accompagner à long terme d’autres lanceurs d’alerte grâce au soutien de professionnels, avocats, journalistes d’investigation et associations dédiées à l’alerte.

Sera aussi présent à Paris le 20 septembre Henri Thulliez, l’avocat (au barreau de Paris) cofondateur de la plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (Plaaf). L’initiative – portée par William Bourdon, l’avocat d’Edward Snowden, d’Antoine Deltour ou d’Hervé Falciani – est née de l’urgence d’ouvrir une plateforme sécurisée dans des pays où le cadre juridique de protection des lanceurs d’alerte est extrêmement faible, voire inexistant. Seuls 7 des 54 pays d’Afrique ont une loi spécifique définissant le statut et la protection des lanceurs d’alerte. La Plaaf souhaite agir comme un “bouclier” entre le lanceur d’alerte et les différents pouvoirs en leur apportant une protection juridique et médiatique, qui passe parfois par l’extradition, les garanties de l’anonymat et le relais auprès des journalistes d’investigation et ONG.

Enfin, nous accueillerons Mahaut Fanchini, chercheuse à Paris-Dauphine sur la responsabilité des organisations dans l’émergence des cas d’alerte, qui a particulièrement étudié l’affaire UBS
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20-09-2018 de 18:00 à 20:00

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