La comédie musicale à l’écran / Qu’est-ce qu’une comédie musicale ?

Les rapports du public français au musical filmé sont chaotiques. Proliférant dans le monde anglo-saxon, il ne paraît susciter ailleurs que des imitations commerciales ou des hommages cinéphilique...

Les rapports du public français au musical filmé sont chaotiques. Proliférant dans le monde anglo-saxon, il ne paraît susciter ailleurs que des imitations commerciales ou des hommages cinéphiliques pointus, excepté en Inde où il s’est forgé des codes autonomes. Pour ses commentateurs, le genre est paradoxal : futilité du divertissement, vulgarisation des formes nobles, mais aussi sens du spectacle total, utopie d’un monde rêvé, vivier de talents à l'inspiration inouïe ! Pour accompagner la première exposition au monde sur le sujet, des spécialistes font partager leur passion pour nous prouver que cette comédie musicale, respirant la « joie de vivre au cinéma », mérite aussi d’être prise au sérieux.

La définition de la comédie musicale comme genre cinématographique semble évidente, lorsque l’on considère des « classiques » du genre : dans Chantons sous la pluie (1952), ou dans Les Demoiselles de Rochefort (1967), des personnages se mettent spontanément à chanter ou danser au milieu de l’action. Mais très vite d’autres exemples nous viennent, et des questions se posent, les frontières se brouillent. Questions de récit : ni Les Parapluies de Cherbourg (1964), ni West Side Story (1961) ne sont des « comédies » ; et ni dans Les Chaussons rouges (1948), ni dans Cabaret (1972), les séquences musicales ne sont « spontanées » (elles font partie d’un spectacle). Questions de style de musique : Carmen (1984) serait trop classique, Phantom of the Paradise (1974) trop moderne.  Question de mélange des genres : un film d’animation, un documentaire, un biopic, un western qui contiennent des scènes de chant et de danse peuvent-ils être aussi des comédies musicales ? Question de proportion : une cruciale ouverture dansante (1941 de Spielberg), trois scènes de dancing avec Travolta (La Fièvre du samedi soir), un étourdissant dénouement avec duo de claquettes (The Artist) sont-ils suffisants pour répondre à notre définition ? En retraçant l’histoire du genre, ses origines théâtrales, son évolution parfois chaotique et son polymorphisme, nous tenterons de répondre à ces interrogations.

Commissaire de l’exposition Comédies musicales, la joie de vivre du cinéma, maître de conférences en études cinématographiques à l’École des Arts de la Sorbonne (université Paris 1), N. T. BINH est aussi membre du comité de rédaction de la revue Positif sous la plume de Yann Tobin et réalisateur de documentaires. Auteur, co-auteur ou directeur d’ouvrages sur Joseph L. Mankiewicz, Ernst Lubitsch, Ingmar Bergman, Claude Sautet, Jacques Prévert, Marcel Carné, le cinéma britannique, musique et cinéma, etc. Trois fois lauréat du prix du Syndicat de la critique française.

Lieu : Salle de conférence - Philharmonie


08-11-2018 de 15:00 à 17:00

  • Tarif unique : 12 EUR

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