La comédie musicale à l’écran / Jacques Demy : héritier et modèle

La comédie musicale à l'écran / Jacques Demy : héritier et modèle © © Ciné Tamaris / photo Hélène Jeanbrau

Les rapports du public français au musical filmé sont chaotiques. Proliférant dans le monde anglo-saxon, il ne paraît susciter ailleurs que des imitations commerciales ou des hommages cinéphilique...

Les rapports du public français au musical filmé sont chaotiques. Proliférant dans le monde anglo-saxon, il ne paraît susciter ailleurs que des imitations commerciales ou des hommages cinéphiliques pointus, excepté en Inde où il s’est forgé des codes autonomes. Pour ses commentateurs, le genre est paradoxal : futilité du divertissement, vulgarisation des formes nobles, mais aussi sens du spectacle total, utopie d’un monde rêvé, vivier de talents à l'inspiration inouïe ! Pour accompagner la première exposition au monde sur le sujet, des spécialistes font partager leur passion pour nous prouver que cette comédie musicale, respirant la « joie de vivre au cinéma », mérite aussi d’être prise au sérieux.

La comédie musicale française peut-elle se résumer comme on le fait souvent à l’apport de Jacques Demy ? Les Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort  ou Une chambre en ville proposent en fait  des relations si audacieuses et si originales à la musique qu’on ne saurait se satisfaire d’y voir l’adaptation à la France d’un modèle formé par Broadway et Hollywood. Que le cinéma de Demy se soit nourri de ce modèle ne fait pas de doute, mais il doit aussi beaucoup aux expérimentations de René Clair au tout début du cinéma parlant, et aux innombrables films français qui, dans les années trente et quarante, ont célébré l’expression chantée des sentiments. Demy héritier, donc, mais Demy modèle, également, pour des dizaines de réalisateurs qui, depuis sa disparition, ne cessent d’explorer ses traces. Et Demy compagnon de route pour Alain Resnais qui n’a jamais cessé non plus de se demander comment filmer la chanson.

Jean-Pierre BERTHOME est l’auteur de plusieurs ouvrages sur Jacques Demy (Jacques Demy et les racines du rêve, L’Atalante, Nantes, 1982, 3e édition augmentée en 2014, « Les Parapluies de Cherbourg » de Jacques Demy : étude critique, Nathan, 1996). Spécialiste du décor de cinéma, il lui a consacré de nombreux articles et un livre de référence (Le Décor au cinéma, Cahiers du cinéma, 2003) ainsi qu’un volume d’entretiens avec le décorateur Alexandre Trauner (Alexandre Trauner : décors de cinéma, Jade-Flammarion, 1988). On lui doit aussi plusieurs ouvrages sur les films d’Orson Welles et de Max Ophuls, ainsi que de nombreux articles dans des revues françaises et étrangères. Il collabore régulièrement à la revue Positif.

Lieu : Salle de conférence - Philharmonie


06-12-2018 de 15:00 à 17:00

  • Tarif unique : 12 EUR

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